—Tort?
Championnet regarda Macdonald avec une douceur infinie, et, lui posant la main sur l'épaule:
—Ami, lui dit-il, ce n'est point avec des représailles sanglantes que les républicains doivent répondre à leurs ennemis; les rois ne sont que trop disposés à nous calomnier, ne leur donnons pas même l'occasion de médire. Redescendez vers vos hommes, Macdonald, et lisez-leur l'ordre du jour que je vais vous donner.
Et, se tournant vers son secrétaire, il lui dicta l'ordre du jour suivant, que celui-ci écrivit au crayon:
«Ordre du jour du général Championnet avant la bataille de Civita-Castellana.»
—C'est ainsi, interrompit Championnet, que s'appellera la bataille que vous gagnerez demain, Macdonald.
Et il continua:
«Tout soldat napolitain prisonnier sera traité avec l'humanité et la douceur ordinaires des républicains envers les vaincus.
»Tout soldat qui se permettrait un mauvais traitement quelconque envers un prisonnier désarmé, sera sévèrement puni.
»Les généraux seront responsables de l'exécution de ces deux ordres...»