—Vous voyez d'ici Macdonald? lui dit-il.

—Non-seulement je le vois, général, répondit l'aide de camp, mais je l'admire!

—Et vous faites bien. C'est une belle étude pour vous, jeunes gens. Voilà comme il faut être au feu.

—Vous vous y connaissez, général, dit Villeneuve.

—Eh bien, allez à lui, dites-lui de tenir ferme une demi-heure encore, et que la journée est à nous.

—Pas d'autre explication?

—Non, si ce n'est que, aussitôt qu'il verra se manifester parmi les Napolitains un certain trouble dont il ne pourra comprendre la cause, je l'invite à se reformer en colonne d'attaque, à faire battre la charge et à marcher en avant. Deux de ces messieurs vous suivront, continua Championnet en indiquant deux jeunes officiers qui attendaient impatiemment ses ordres, et, dans le cas où il vous arriverait malheur, vous suppléeront; dans le cas contraire, ce que j'espère, mon cher Villeneuve, l'un d'eux ira à Duhesme, l'autre aux carrés de gauche; la même chose à dire à chacun, ajouter seulement: «Le général répond de tout.»

Les trois officiers, fiers d'être choisis par Championnet, partirent au galop pour s'acquitter de leur mission.

Championnet les suivit des yeux; il vit les braves jeunes gens s'engager dans la fournaise ardente et se rendre chacun au poste qui lui était assigné.

—Brave jeunesse!... murmura-t-il; avec des hommes comme ceux-là, bien maladroit serait celui qui se laisserait battre.