—Maintenant, ne craignez-vous pas que Ferrari ne passe sans que nous soyons avertis?
—Rien de plus simple que d'aller au-devant de cette crainte, et je n'ai attendu pour cela que l'agrément de Votre Majesté, ne voulant rien faire sans son ordre.
—Parlez?
—Ferrari repassera cette nuit ou demain matin à la poste de Capoue, où il a laissé son cheval; j'envoie mon secrétaire à la poste de Capoue, afin que l'on prévienne Ferrari que le roi est à Caserte et y attend des dépêches; nous restons ici cette nuit et demain toute la journée; au lieu de passer devant le château, Ferrari y entre, demande Sa Majesté et trouve sir William.
—Tout cela peut réussir, en effet, répondit la reine soucieuse, comme tout cela peut échouer.
—C'est déjà beaucoup, madame, lorsque l'on combat à chances égales, et qu'étant femme et reine, on a pour soi le hasard.
—Vous avez raison, Acton; d'ailleurs, en toute chose il faut faire la part du feu; si le feu ne prend pas tout, tant mieux; s'il prend tout, eh bien, on tâchera de l'éteindre. Envoyez votre secrétaire à Capoue et prévenez sir William Hamilton.
Et la reine, secouant sa tête encore belle, mais chargée de soucis, comme pour en faire tomber les mille préoccupations qui pesaient sur elle, rentra dans le salon d'un pas léger et le sourire sur les lèvres.