Pronio remit sa proclamation au roi afin que le roi la pût lire.

Mais celui-ci, la passant au cardinal:

—Je ne comprends pas très-bien, mon éminentissime, lui dit-il.

Ruffo se mit à lire à son tour.

Pronio, qui s'était assez médiocrement préoccupé de l'expression de la figure du roi, pendant la lecture, suivait au contraire, avec la plus grande attention, l'effet que cette lecture produisait sur la figure du cardinal.

Deux ou trois fois pendant la lecture, Ruffo leva les yeux sur Pronio, et, chaque fois, il vit les regards du nouveau capitaine fixés sur les siens.

—Je ne m'étais pas trompé sur vous, monsieur, dit le cardinal à Pronio lorsqu'il eut fini; vous êtes un habile homme!

Puis, s'adressant au roi:

—Sire, continua-t-il, personne dans le royaume n'eût fait, j'ose le dire, une si adroite proclamation, et Votre Majesté peut la signer hardiment.

—C'est votre avis mon éminentissime, et vous n'avez rien à y redire?