—Et quand on pense que, si San-Nicandro n'avait pas fait de moi un âne, je pourrais, moi aussi, répondre de ces choses-là! Enfin, il est malheureusement trop tard maintenant pour y remédier.
—Sire, dit Caracciolo, me permettrez-vous d'insister encore?
—Inutile, puisque je suis de ton avis. Je verrai Ruffo aujourd'hui, et nous reparlerons de tout cela ensemble; mais pourquoi diable, maintenant que nous ne sommes que nous deux, pourquoi t'es-tu fait un ennemi de la reine? Tu sais pourtant que, quand elle déteste, elle déteste bien!
Caracciolo fit un mouvement de tête qui indiquait qu'il n'avait pas de réponse à faire à ce reproche du roi.
—Enfin, dit Ferdinand, ceci, c'est comme l'affaire de San-Nicandro: ce qui est fait est fait; n'en parlons plus.
—Ainsi donc, insista Caracciolo revenant à son incessante préoccupation, j'emporte l'espoir que Votre Majesté a renoncé à cette honteuse fuite et que Naples sera défendue jusqu'à la dernière extrémité?
—Emportes-en mieux que l'espoir, emportes-en la certitude; il y a conseil aujourd'hui, je vais leur signifier que ma volonté est de rester à Naples. J'ai bien retenu tout ce que tu m'as dit de nos moyens de défense: sois tranquille; quant au Nelson, c'est Fontenoy, n'est-ce pas, qu'il faut lui cracher à la face quand on veut qu'il se morde les lèvres? C'est bien, on s'en souviendra.
—Sire, une dernière grâce?
—Dis.
—Si, contre toute attente, Votre Majesté partait...