—Puisque je te dis que je ne pars pas.

—Enfin, sire, si par un hasard quelconque, si par un revirement inattendu, Votre Majesté partait, j'espère qu'elle ne ferait pas cette honte à la marine napolitaine de partir sur un navire anglais.

—Oh! quant à cela, tu peux être tranquille. Si j'en étais réduit à cette extrémité, dame! je ne te réponds pas de la reine, la reine ferait ce qu'elle voudrait; mais, moi, je te donne ma parole d'honneur que je pars sur ton bâtiment, sur la Minerve. Ainsi, te voilà prévenu; change ton cuisinier s'il est mauvais, et fais provision de macaroni et de parmesan, si tu n'en as pas une quantité suffisante à bord. Au revoir... C'est bien Fontenoy, n'est-ce pas?

—Oui, sire.

Et Caracciolo, ravi du résultat de son entrevue avec le roi, se retira, comptant sur la double promesse qu'il lui avait faite.

Le roi le suivit des yeux avec une bienveillance marquée.

—Et quand on pense, dit-il, qu'on est assez bête de se brouiller avec des hommes comme ceux-là, pour une mégère comme la reine et pour une drôlesse comme lady Hamilton!

LXVIII

OÙ EST EXPLIQUÉE LA DIFFÉRENCE QU'IL Y A
ENTRE LES PEUPLES LIBRES ET LES PEUPLES INDÉPENDANTS.

Le roi tint la promesse qu'il avait faite à Caracciolo; il déclara hautement et résolument au conseil qu'il était décidé, d'après la manifestation populaire dont il avait été témoin la veille, à rester à Naples et à défendre jusqu'à la dernière extrémité l'entrée du royaume aux Français.