—Monsieur le chef d'état-major, répondit-il, quand on est à la tête de sept mille hommes et que chacun de ces sept mille hommes a quatre-vingts cartouches dons son sac, on ne se rend pas, on passe, ou l'on meurt.
—Eh bien, soit! dit Bonami, battons-nous, général.
Le général émigré parut réfléchir.
—Donnez-moi six heures, dit-il, pour rassembler un conseil de guerre et délibérer avec lui sur les propositions que vous me faites.
Ce n'était point l'affaire de Bonami.
—Six heures sont inutiles, dit-il; je vous accorde une heure.
C'était juste le temps dont le chef d'état-major avait besoin pour que son infanterie le rejoignit.
Il fut donc convenu, le général de Damas étant à la merci des Français, que, dans une heure, il donnerait une réponse.
Bonami remit son cheval au galop et rejoignit le général Rey, pour presser la marche de ses troupes.
Mais le général de Damas, de son côté, avait mis à profit cette heure, et, quand Bonami revint avec sa troupe, il le trouva faisant sa retraite en bon ordre sur le chemin d'Orbitello.