On le conduisit au général de Damas.

—Vous avez écrit au commandant en chef de l'armée française, général, lui dit-il; il m'envoie à vous pour que vous m'expliquiez ce que vous désirez de lui.

—Le passage pour ma division, répondit le général de Damas.

—Et s'il vous le refuse?

—Il ne me restera qu'une ressource: c'est de me l'ouvrir l'épée à la main.

Bonami sourit.

—Vous devez comprendre, général, répondit-il, que vous donner bénévolement passage, à vous et à vos sept mille hommes, c'est chose impossible. Quant à vous ouvrir ce passage l'épée à la main, je vous préviens qu'il y aura du travail.

—Alors, que venez-vous me proposer, colonel? demanda le général émigré.

—Ce que l'on propose au commandant d'un corps dans la situation où est le vôtre, général: de mettre bas les armes.

Ce fut au tour du général de Damas de sourire.