Mammone, triomphant, s'approcha d'eux, sa coupe sanglante à la main, et leur offrit la vie s'ils voulaient boire à la santé du roi Ferdinand dans le crâne de leur compatriote.

Tous quatre refusèrent avec horreur.

Alors, il fit apporter des clous et des marteaux, força les officiers d'étendre les mains sur la table et leur fit clouer les mains à la table.

Puis, par les fenêtres et par les portes, on jeta des fascines et des bottes de paille dans la chambre, et l'on referma portes et fenêtres après avoir mis le feu aux fascines et à la paille.

Cependant le supplice des républicains fut moins long et moins cruel que ne l'avait espéré leur bourreau. Un des sergents eut le courage d'arracher ses mains aux clous qui les retenaient, et, avec l'épée du capitaine Trémeau, il rendit à ses trois compagnons le terrible service de les poignarder, et il se poignarda lui-même après eux.

Les quatre héros moururent au cri de «Vive la République!»

Ces nouvelles arrivèrent à Naples, où elle réjouirent le roi Ferdinand, qui, se voyant si bien secondé par ses fidèles sujets, résolut plus que jamais de ne pas quitter Naples.

Laissons Mammone, Fra-Diavolo et l'abbé Pronio suivre le cours de leurs exploits, et voyons ce qui se passait chez la reine, qui, plus que jamais était, au contraire, décidée à quitter la capitale.

LXX

LE SOUTERRAIN.