Richard, avant de répondre, regarda le général Acton comme pour lui en demander la permission.
—Parlez, Dick, parlez, lui dit le général: la reine le permet, et j'ai la plus grande confiance dans votre intelligence et dans votre discrétion.
Dick s'inclina imperceptiblement.
—Je crois, dit-il, qu'avant tout, il faudrait explorer toute la portion des fondations du palais qui donnent sur la darse. Si bien dissimulée que soit la porte, il est impossible que l'on n'en trouve point quelque trace.
—Alors, il faut attendre à demain, dit la reine, et c'est une nuit perdue.
Dick s'approcha de la fenêtre.
—Pourquoi cela, madame? dit-il. Le ciel est nuageux, mais la lune est dans son plein. Toutes les fois qu'elle passera entre deux nuages, elle donnera une clarté suffisante à ma recherche. Il me faudrait seulement le mot d'ordre, afin que je pusse circuler librement dans l'intérieur du port.
—Rien de plus simple, dit Acton. Nous allons aller ensemble chez le gouverneur du château: non-seulement il vous donnera le mot d'ordre, mais encore il fera prévenir les factionnaires de ne pas se préoccuper de vous, et de vous laisser faire tranquillement tout ce que vous avez à faire.
—Alors, général, comme l'a dit Sa Majesté, ne perdons pas de temps.
—Allez, général, allez, dit la reine. Et vous, monsieur, tachez de faire honneur à la bonne opinion que nous avons de vous.