Une fois Satan pris, il est bon diable et se montre, en général, assez accommodant: le tout est de le prendre.
Le parchemin lu, il dit:
—Comment veux-tu que je signe? Je ne sais point écrire.
—Eh bien, alors, fais ta croix, répondit le saint.
A ces mots: «Fais ta croix,» Satan fit un tel bond, que, sans le crochet que le saint avait eu la précaution de faire faire à l'extrémité des pincettes, il tirait son nez de l'étau où il était serré.
—Allons, dit Satan, je crois que le plus court est de signer.
Et il prit la plume.
—Maintenant, dit le saint, il s'agit de faire les choses régulièrement. Commençons par la date et le millésime de l'année. Et surtout, ajouta le saint, écrivons lisiblement, afin qu'il n'y ait pas d'ambiguïtés.
Satan écrivit d'une belle écriture bâtarde: 24 juillet de l'an 529.
—C'est fait, dit-il.