La tempête à peine calmée, saint Benoît envoya chercher un architecte. Le saint, quoique non canonisé encore, était déjà tellement vénéré dans le pays, que, dès le lendemain, un architecte accourut.
Saint Benoît lui expliqua ce qu'il désirait, et lui montra l'emplacement sur lequel il voulait bâtir un couvent.
C'était, nous l'avons déjà dit, le point culminant de la montagne.
On y arrivait, à cette époque, par un étroit sentier frayé par les chèvres.
Quelque respect qu'il eût pour le saint, l'architecte ne put s'empêcher de rire.
Saint Benoît lui demanda la raison de son hilarité.
—Et par qui ferez-vous monter les matériaux jusqu'ici? demanda l'architecte.
—Cela me regarde, répondit saint Benoît.
Saint Benoît ayant beaucoup voyagé, l'architecte crut qu'il avait recueilli dans ses voyages d'Orient quelques moyens dynamiques connus des seuls Égyptiens, qui étaient, comme on sait, les plus forts mécaniciens de l'antiquité; et, le saint anachorète ne lui demandant point autre chose qu'un dessin, il le lui fit sur-le-champ.
Le lendemain, son pacte en main, saint Benoît appela Satan.