—Frère Joseph n'est ni absent ni malade: il est dans sa cellule, où il veille et travaille, ce qui est encore prier.
Puis le moine, appelant un novice:
—Conduisez cet étranger, dit-il, à la cellule du frère Joseph.
Et, sans avoir détourné la tête, sans avoir regardé ni l'un ni l'autre de ceux à qui il avait adressé la parole, le moine reprit sa psalmodie et rentra dans son isolement. Quant à son immobilité, elle n'avait point été un moment interrompue.
Le novice fit signe à l'officier de le suivre. Tous deux s'engagèrent dans le corridor, au milieu duquel le novice prit un escalier d'une architecture imposante, rendue plus imposante encore par la faible et tremblante lumière du cierge que l'enfant tenait à la main et qui rendait tous les objets incertains et mobiles. Ils montèrent ensemble quatre étages de cellules; puis enfin, au quatrième étage, l'enfant prit à gauche, et marcha jusqu'à l'extrémité du corridor, et, montrant une porte à l'étranger:
—Voici la cellule du frère Joseph, dit-il.
Pendant que l'enfant s'approchait pour la désigner, le jeune homme, sur cette porte, put lire ces mots:
«Dans le silence, Dieu parle au coeur de l'homme;
»Dans la solitude, l'homme parle au coeur de Dieu.»
—Merci, répondit-il à l'enfant.