—Ah! oui, et le roi vêtu en duc d'Ascoli! Mais, d'abord, asseyez-vous; cela me gêne de manger assis, tandis que vous êtes tous debout autour de moi, et surtout Leurs Altesses royales, dit le roi se levant, se tournant vers Mesdames et saluant.
—Sire! dit madame Victoire, quelles que soient les circonstances dans lesquelles nous la revoyons, que Votre Majesté soit bien persuadée que nous sommes heureuses de la revoir.
—Merci, merci. Et qu'est-ce que c'est que ce beau jeune lieutenant-là qui se permet de ressembler à mon fils?
—Un des sept gardes que vous avez accordés à Leurs Altesses royales, dit la reine; M. de Cesare est de bonne famille corse, sire, et, d'ailleurs, l'épaulette anoblit.
—Quand celui qui la porte ne la dégrade pas... Si ce que Mack m'a dit est vrai, il y a dans l'armée pas mal d'épaulettes à faire changer d'épaule. Servez bien mes cousines, monsieur de Cesare, et nous vous garderons une de ces épaulettes-là.
Le roi fit signe de s'asseoir, et l'on s'assit, quoique personne ne mangeât.
—Et maintenant, dit Ferdinand à la reine, vous me demandiez pourquoi d'Ascoli était vêtu en roi et pourquoi, moi, j'étais vêtu en d'Ascoli? D'Ascoli va vous raconter cela. Raconte, duc, raconte.
—Ce n'est pas à moi, sire, à me vanter de l'honneur que m'a fait Votre Majesté.
—Il appelle cela un honneur! pauvre d'Ascoli!... Eh bien, je vais vous le raconter, moi, l'honneur que je lui ai fait. Imaginez-vous qu'il m'était revenu que ces misérables jacobins avaient dit qu'ils me pendraient si je tombais entre leurs mains.
—Ils en eussent bien été capables!