—Voyons.

—Supposez, sire, que l'on se soit procuré ou que l'on ait fait faire un cachet représentant la tête de Marc-Aurèle.

—Après?

—On aurait pu amollir la cire du cachet en la plaçant au-dessus d'une bougie, ouvrir la lettre, la plier ainsi...

Et Ruffo la plia, en effet, comme avait fait Acton.

—Pour quoi faire la plier ainsi? demanda le roi.

—Pour sauvegarder l'en-tête et la signature; puis, avec un acide quelconque, enlever l'écriture, et, à la place de ce qui y était alors, mettre ce qu'il y a aujourd'hui.

—Vous croyez cela possible, Éminence?

—Rien de plus facile; je dirai même que cela expliquerait parfaitement, vous en conviendrez, sire, une lettre d'une écriture étrangère entre un en-tête et une salutation de l'écriture de l'empereur.

—Cardinal! cardinal! dit le roi après avoir examiné la lettre avec attention, vous êtes un bien habile homme.