Le roi regardait avec étonnement les trois pièces à conviction: cuiller, flacon, bâton de cire à cacheter que Ruffo venait de mettre sous ses yeux et avait déposées les unes à côté des autres sur une table.
—Et comment vous-êtes vous procuré cette cuiller, ce flacon et cette cire? demanda le roi, tellement intéressé par cette intelligente recherche de la vérité, qu'il ne voulait point en perdre un détail.
—Oh! de la façon la plus simple, sire. Je suis à peu près le seul médecin de votre colonie de San-Leucio; je viens donc de temps en temps à la pharmacie du château pour y chercher quelques médicaments; je suis venu ce matin à la pharmacie comme d'habitude, mais avec certaine idée arrêtée; j'ai trouvé cette cuiller sur la table de nuit, ce flacon dans l'armoire vitrée, et ce bâton de cire sur la table.
—Et cela vous a suffi pour tout découvrir?
—Le cardinal de Richelieu ne demandait que trois lignes de l'écriture d'un homme pour le faire pendre.
—Oui, dit le roi; malheureusement, il y a des gens que l'on ne pend pas, quelque chose qu'ils aient faite.
—Maintenant, dit le cardinal en regardant fixement le roi, tenez-vous beaucoup à Ferrari?
—Sans doute que j'y tiens.
—Eh bien, sire, il n'y aurait pas de mal à l'éloigner pour quelque temps. Je crois l'air de Naples on ne peut plus malsain pour lui en ce moment.
—Vous croyez?