--Napolitains, dit-il en italien, j'allais, comme vous l'avez vu, fusiller cet homme, pris les armes à la main et combattant contre nous; mais mon ancien aide de camp, le chef de brigade Salvato, me demande la grâce de cet homme, qui, me dit-il, lui a sauvé la vie. Non-seulement je lui accorde cette grâce, mais encore je désire donner une récompense à l'homme qui a sauvé la vie à un officier français.
Puis, s'adressant à Michele tout émerveillé de ce langage:
--Quel grade occupais-tu parmi tes compagnons?
--J'étais capitaine, Excellence, lui répondit le prisonnier.
Et, avec la liberté de langage familière à ses pareils, il ajouta:
--Mais il paraît que je ne m'arrêterai pas là. Une sorcière m'a prédit que je serais nommé colonel, et puis pendu.
--Je ne puis et ne veux me charger que de la première partie de la prédiction, répondit le général; mais je m'en charge. Je te fais colonel au service de la république parthénopéenne. Organise ton régiment. Je me charge de ta paye et de ton uniforme.
Michele fit un bond de joie.
--Vive le général Championnet! cria-t-il, vivent les Français! vive la république parthénopéenne!
--Nous l'avons dit, un certain nombre de patriotes entouraient le général. Le cri de Michele trouva donc un écho plus étendu que l'on n'aurait dû s'y attendre.