A partir de 1808 il disparaît de la scène du monde, et l'on n'entend plus parler de lui.

On a très-justement dit de lui que, pour avoir la réputation de premier général de son siècle, il ne lui avait manqué que de ne pas avoir eu d'armées à commander.

Continuons à dérouler, dans toute sa simplicité historique, la liste des événements qui conduisirent les Français à Naples, et qui, d'ailleurs, forment un tableau de moeurs où ne manque ni la couleur ni l'intérêt.

LXXXIII

RUPTURE DE L'ARMISTICE.

Les lazzaroni, furieux de voir le général Mack leur échapper, ne voulurent point avoir fait une si longue course pour rien.

Ils marchèrent, en conséquence, sur les avant-postes français, battirent les gardes avancées et repoussèrent la grand'garde. Mais, au premier coup de fusil, le général Championnet ayant dit à Thiébaut d'aller voir ce qui se passait, celui-ci rallia les hommes que cette irruption imprévue avait dispersés et chargea toute cette multitude au moment où elle traversait la ligne de démarcation tracée entre les deux armées. Il en détruisit une partie, mit l'autre en fuite, mais, sans la poursuivre, s'arrêta dans les limites tracées à l'armée française.

Deux événements avaient rompu la trêve: le défaut de payement des cinq millions stipulés dans le traité et l'agression des lazzaroni.

Le 19 janvier, les vingt-quatre députés de la ville comprirent à quels dangers les exposaient ces deux insultes, qui, faites à un vainqueur, ne pouvaient manquer de le déterminer à marcher sur Naples.

Ils partirent donc pour Caserte, où Championnet avait son quartier général; mais ils n'eurent point la peine d'aller jusque-là, le général, nous l'avons dit, s'étant avancé jusqu'à Maddalone.