--Eh bien, dit celui-ci, nous allons en finir, selon les instructions du cardinal, avec les quelques villes qui ont oublié leur devoir et qui résistent au pouvoir royal; après quoi, selon ses instructions toujours, nous nous rangerons immédiatement sous ses ordres.
--Et moi, monseigneur, dit fra Pacifico se redressant de toute la hauteur de sa longue taille avec la confiance d'un homme qui sait combien il peut être utile si on l'emploie convenablement, à quoi allez-vous m'occuper?
Les deux jeunes gens se regardèrent, et, reportant leurs yeux sur fra Pacifico:
--Nous avons besoin d'un messager brave et habile qui nous précède à Martina et à Tarente, qui s'introduise dans ces deux villes et qui y répande nos proclamations.
--Me voilà, dit fra Pacifico frappant la terre de son bâton de laurier. Ah! si j'avais Giacobino!
Les jeunes gens ignoraient ce que c'était que Giacobino, et apprirent du moine que c'était son âne, qu'il avait laissé au Pizzo en s'embarquant pour la Sicile.
Le même soir, fra Pacifico partit pour Martina, portant une charge de proclamations pareille à celle qu'eût pu porter Giacobino.
CXVII
OU LE FAUX DUC DE CALABRE
FAIT CE QU'AURAIT DU FAIRE LE VRAI DUC.
Fra Pacifico parti, c'est-à-dire le dé jeté, les deux jeunes gens se demandèrent comment ils allaient faire si les deux villes résistaient.