--Vous voulez dire sur ma prière, milord. Mais, à l'heure qu'il est, vous pouvez suivre la route que vous voudrez. Je n'ai plus de prière à faire qu'à Dieu et pour l'enfant que je tiens mort sur mes genoux.
--C'est donc au roi, dit Nelson, que je demanderai mes instructions.
--Mes instructions, dit le roi, du moment que vous me dites qu'il n'y a plus de danger, mes instructions sont que j'aimerais mieux aller à Palerme que partout ailleurs. Mais, continua le roi en chancelant sous le roulis, il me semble qu'il y a encore bien du mouvement sur votre diable de château branlant, et que, si nous sommes disposés à dire bon voyage à la tempête, elle n'est point disposée à nous en dire autant.
--Le fait est que nous n'en avons pas encore fini avec elle, dit Nelson. Mais, ou je me trompe fort, ou sa plus grande colère est épuisée.
--Alors, votre avis à vous, milord?
--Mon avis serait, sire, que le roi et la reine feraient bien de prendre un repos dont ils me paraissent avoir grand besoin, et de s'en rapporter à moi du soin de la route.
--Que dites-vous de cela, ma chère maîtresse? demanda le roi.
--Je dis que les avis de milord sont toujours bons à suivre, surtout lorsqu'il s'agit des choses de la mer.
--Vous entendez, milord. Agissez à votre guise; ce que vous ferez sera bien fait.
Nelson s'inclina, et, comme c'était, sous sa rude écorce, un coeur religieux toujours, poétique quelquefois, avant de sortir de la chambre, il s'agenouilla devant le jeune prince.