«Accordé; mais que le chevalier Carracciolo n'oublie pas que Naples est au pouvoir de mes ennemis.»
Et il signa, comme d'habitude: FERDINAND B. 1»
[Note 1: Nous avons relevé l'apostille du roi sur la démission elle-même.]
Caracciolo jeta les yeux sur les trois lignes que venait d'écrire le roi, plia sa démission, la mit dans sa poche, salua respectueusement Ferdinand, et s'apprêta à sortir.
--Tu oublies ta montre, dit le roi.
--Cette montre n'a pas été donnée à l'amiral, elle a été donnée au pilote. Sire, hier, le pilote n'existait point; aujourd'hui, l'amiral n'existe plus.
--Mais j'espère, dit le roi avec cette dignité qui de temps en temps, apparaissait chez lui comme un éclair, j'espère que l'ami leur survit. Prends cette montre, et, si jamais tu es prêt à trahir ton roi, regarde le portrait de celui qui te l'a donnée.
--Sire, répondit Caracciolo, je ne suis plus au service du roi; je suis simple citoyen: je ferai ce que m'ordonnera mon pays.
Et il sortit, laissant le roi non-seulement triste, mais rêveur.
Le lendemain, ainsi que Ferdinand l'avait ordonné, les obsèques de son fils le prince Albert eurent lieu sans pompe, comme eussent eu lieu celles d'un enfant ordinaire.