C'était Mario Pagano et Francesco Conforti.
Simon et André Backer saluèrent les deux jurisconsultes avec la plus grande courtoisie. Quoique appartenant à une opinion entièrement opposée, ils reconnaissaient qu'on avait choisi pour les défendre deux princes du barreau.
—Citoyens Simon et André Backer, leur dit le président, vous avez une demi-heure pour conférer avec vos avocats.
André salua.
—Messieurs, dit-il, agréez tous mes remercîments, non-seulement pour nous avoir donné, à mon père et à moi, des moyens de défense, mais encore pour avoir mis ces moyens de défense en des mains habiles. Toutefois, la manière dont je compte diriger les débats rendra, je le crois, inutile l'intervention de toute parole étrangère; ce qui ne diminuera en rien ma reconnaissance envers ces messieurs, qui ont bien voulu se charger de causes si désespérées. Maintenant, comme on est venu nous chercher dans notre prison au moment où nous nous y attendions le moins, nous n'avons pas pu, mon père et moi, arrêter un plan quelconque de défense. Je vous demanderai donc, au lieu de conférer une demi-heure avec nos avocats, de pouvoir conférer cinq minutes avec mon père. Dans une chose aussi grave que celle qui va se passer devant vous, c'est bien le moins que je prenne son avis.
—Faites, citoyen Backer.
Les deux avocats s'éloignèrent; les juges se retournèrent et causèrent; le greffier et les huissiers sortirent.
Les deux accusés échangèrent quelques paroles à voix basse, puis, même avant le temps qu'ils avaient demandé, se retournèrent vers le tribunal.
—Monsieur le président, dit André, nous sommes prêts.
La sonnette du président se fit entendre pour que chacun reprît sa place et pour faire rentrer les huissiers et le greffier absents.