La place choisie fut celle du Palais-National, aujourd'hui place du Plébiscite. Elle était alors beaucoup plus étroite qu'elle ne l'est aujourd'hui.
Des mâts furent plantés sur toute la longueur de la table; chaque mât déroulait au vent une flamme blanche, sur laquelle, en lettres noires, étaient écrits ces mots:
VIVRE LIBRE OU MOURIR!
Au-dessus de cette flamme, et au milieu de chaque mât, était un faisceau de trois bannières, dont les extrémités venaient caresser le front des convives.
L'une était tricolore: c'était la bannière de la liberté.
L'autre était rouge: c'était le symbole du sang répandu et qui restait à répandre encore.
L'autre était noire: c'était l'emblème du deuil qui couvrirait la patrie lorsque la tyrannie, un instant chassée, reviendrait régner sur elle.
Au milieu de la place, au pied de l'arbre de la liberté, s'élevait l'autel de la patrie.
On commença par y célébrer une messe mortuaire en l'honneur des martyrs morts pour la liberté. L'évêque della Torre, membre du corps législatif, y prononça leur oraison funèbre.
Puis on se mit à table.