»H. NELSON.»

L'ambassadeur prit la déclaration des mains de l'amiral anglais et s'apprêta à la lire au cardinal; mais celui-ci fit signe que la chose était inutile, la prit, à son tour, des mains de l'ambassadeur, la lut et, saluant, une fois sa lecture terminée:

--Milord, dit-il, il me reste maintenant une dernière grâce à vous demander: c'est de me faire conduire à terre.

--Que Votre Éminence veuille bien monter sur le pont, répondit l'amiral, et les mêmes hommes qui l'ont amenée auront l'honneur de la reconduire.

Et, en même temps, l'amiral indiquait de la main l'escalier à Ruffo.

Ruffo monta les quelques marches qu'il avait devant lui et se trouva sur le pont.

Nelson se tint sur la première marche de l'escalier d'honneur jusqu'à ce que le cardinal fût dans la barque. Ils échangèrent alors un froid salut. La barque se détacha du bâtiment et s'éloigna. Mais les canons qui, selon le cérémonial d'usage, eussent dû saluer le départ du même nombre de coups que l'arrivée, restèrent silencieux.

L'amiral suivit quelque temps des yeux le cardinal; mais bientôt une petite main s'appuya sur son épaule, tandis qu'un souffle murmurait à son oreille:

--Mon cher Horatio!

--Ah! c'est vous, milady! dit Nelson en tressaillant.