LXXIX
LA FOI PUNIQUE
Le cardinal fut si heureux de cette solution, à laquelle il était loin de s'attendre, que, le 27 juin au matin, il chanta un Te Deum à l'église del Carmine, et cela, avec une pompe digne de la grandeur des événements.
Avant de se rendre à l'église, il avait écrit une lettre à lord Nelson et à sir William Hamilton, leur présentant ses plus sincères remercîments pour avoir bien voulu rendre la tranquillité à la ville, surtout à sa conscience, en ratifiant le traité.
Hamilton, toujours en français, répondit la lettre suivante:
«A bord du Foudroyant, le 27 juin 1799.
ȃminence,
»C'est avec le plus grand plaisir que j'ai reçu le billet que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. Nous sommes tous également travaillés pour le service du roi et de la bonne cause; seulement, il y a, selon le caractère, différentes manières de prouver son dévouement. Grâce à Dieu, tout va bien, et je puis affirmer à Votre Éminence que milord Nelson se félicite de la décision qu'il a prise de ne point interrompre les opérations de Votre Éminence, mais de l'assister, au contraire, de tout son pouvoir, pour terminer l'entreprise que Votre Éminence a jusqu'à présent si bien menée, au milieu des circonstances critiques dans lesquelles Votre Éminence s'est trouvée.
»Milord et moi serons trop heureux si nous avons tant soit peu pu contribuer au service de Leurs Majestés Siciliennes et rendre à Votre Éminence sa tranquillité, un instant troublée.
»Milord me prie de remercier Votre Éminence de son billet, et de lui dire qu'il prendra, en temps opportun, toutes mesures nécessaires.