»J'ai l'honneur d'être, etc.
»W. HAMILTON.»
Maintenant, on a vu, dans les quelques lettres de Ferdinand et de Caroline au cardinal Ruffo, quelles protestations d'inaltérable estime et d'éternelle reconnaissance terminaient ces lettres et précédaient les noms dos deux monarques, qui lui devaient leur royaume.
Nos lecteurs désirent-ils savoir de quelle manière se traduisaient ces protestations de reconnaissance?
Qu'ils veuillent bien alors prendre la peine de lire la lettre suivante, écrite, en date du même jour, par sir William Hamilton au capitaine général Acton:
«A bord du Foudroyant, baie de Naples, 27 juin 1799.
»Mon cher seigneur,
»Votre Excellence aura vu, par ma dernière lettre, que le cardinal et lord Nelson sont loin d'être d'accord. Mais, après mûres réflexions, lord Nelson m'autorisa à écrire à Son Éminence, hier matin, qu'il ne ferait plus rien pour rompre l'armistice que Son Éminence avait cru convenable de conclure avec les rebelles renfermés dans le Château-Neuf et le château de l'Oeuf, et que Sa Seigneurie était prête à donner toute l'assistance dont était capable la flotte placée sous son commandement, et que Son Éminence croirait nécessaire pour le bon service de Sa Majesté Sicilienne. Cela produit le meilleur effet possible. Naples était sens dessus dessous, dans la crainte que lord Nelson ne rompît l'armistice, tandis qu'aujourd'hui tout est calme. Le cardinal est convenu, avec les capitaines Troubridge et Ball, que les rebelles du Château-Neuf et du château de l'Oeuf, seraient embarqués le soir, taudis que cinq cents marins seraient descendus à terre pour occuper les deux châteaux sur lesquels, Dieu merci! flotte enfin la bannière de Sa Majesté Sicilienne, tandis que les bannières de la République (courte a été leur vie!) sont dans la cabine du Foudroyant, où, je l'espère, la bannière française qui flotte encore sur Saint-Elme ne tardera point à les rejoindre.
»J'ai grand espoir que la venue de lord Nelson dans le golfe de Naples sera très-utile aux intérêts et à la gloire de Leurs Majestés Siciliennes. Mais, en vérité, il était temps que j'intervinsse entre le cardinal et lord Nelson; sinon tout allait se perdant, et cela dès le premier jour. Hier, ce bon cardinal m'a écrit pour me remercier, ainsi que lady Hamilton, L'arbre de l'abomination qui s'élevait devant le palais royal a été abattu et le bonnet rouge arraché de la tête du géant.
»Maintenant, une bonne nouvelle! Caracciolo et une douzaine d'autres rebelles comme lui seront bientôt entre les mains de lord Nelson. Si je ne me trompe, ils seront envoyés directement à Procida, où ils seront jugés, et, au fur et à mesure de leur jugement, renvoyés ici pour y être suppliciés. Caracciolo sera probablement pendu à l'arbre de trinquette de LA MINERVE, où il demeurera exposé du point du jour au coucher du soleil. Un tel exemple est nécessaire pour le service futur de Sa Majesté Sicilienne, dans le royaume de laquelle le jacobinisme à fait de si grands progrès.