»W. HAMILTON.

»Huit heures du soir.--Les rebelles sont dans leurs bâtiments et ne peuvent bouger sans un passeport de lord Nelson.»

En effet, comme le disait Son Excellence l'ambassadeur de la Grande-Bretagne dans la lettre que nous venons de lire, les républicains, sur la foi du traité, et rassurés par la promesse de Nelson de ne point s'opposer à l'embarquement des patriotes, n'avaient fait aucune difficulté pour livrer les châteaux aux cinq cents marins anglais qui s'étaient présentés pour les occuper, et pour descendre dans les felouques, les tartanes et les balancelles qui devaient les conduire à Toulon.

Les Anglais prirent donc possession d'abord du Château-Neuf, de la darse et du palais royal.

Puis la remise du château de l'Oeuf fut faite avec les mêmes formalités.

Un procès-verbal fut rédigé de cette remise des châteaux et signé par les commandants des châteaux pour les patriotes, et par le brigadier Minichini pour le roi Ferdinand.

Deux personnes seulement usèrent du choix qui leur était donné par la capitulation de chercher un asile à terre ou de s'embarquer, en allant demander un asile au château Saint-Elme.

Ces deux personnes furent Salvato et Luisa San-Felice.

Nous reviendrons plus tard, pour ne plus les quitter, aux héros de notre livre; mais ce chapitre, nous l'avons indiqué par son titre, est tout entier consacré à un grand éclaircissement historique.

Comme nous allons faire, à la mémoire d'un des plus grands capitaines que l'Angleterre ait eus, une de ces taches indélébiles que les siècles n'effacent point, nous voulons, en faisant passer, les unes après les autres, sous les yeux de nos lecteurs, les pièces qui prouvent cette grande infamie, montrer jusqu'au bout que nous ne sommes ni dévoyé par l'ignorance, ni aveuglé par la haine.