L'interrogatoire se borna là. On voulait de Caracciolo un simple aveu: cet aveu, il l'avait fait, et, quoique fait avec beaucoup de calme et de dignité, bien que la manière dont avait répondu Caracciolo lui eût, dit le procès-verbal, mérité la sympathie des officiers anglais parlant italien qui avaient assisté à la séance, la séance fut close: le crime était prouvé.

Caracciolo fut reconduit à sa chambre et gardé de nouveau par deux sentinelles.

Quant au procès-verbal, il fut porté à Nelson par le comte de Thurn. Nelson le lut avidement; une expression de joie féroce passa sur son visage. Il prit une plume et écrivit:

Au commodore comte de Thurn.

«De par Horace Nelson:

»Attendu que le conseil de guerre, composé d'officiers au service de Sa Majesté Sicilienne, a été réuni pour juger François Caracciolo sur le crime de rébellion envers son souverain;

»Attendu que ledit conseil de guerre a pleinement acquis la preuve de ce crime, et, par conséquent, dans cette conviction, rendu contre ledit Caracciolo un jugement qui a pour conséquence la peine de mort;

»Vous êtes, par la présente, requis et commandé de faire exécuter ladite sentence de mort contre ledit Caracciolo, par le moyen de la pendaison, à l'antenne de l'arbre de trinquette de la frégate la Minerve, appartenant à Sa Majesté Sicilienne, laquelle frégate se trouve sous vos ordres. Ladite sentence devra être exécutée aujourd'hui, à cinq heures après midi; et, après que le condamné sera resté pendu, depuis l'heure de cinq heures jusqu'au coucher du soleil, à ce moment la corde sera coupée et le cadavre jeté à la mer.

«A bord du Foudroyant, Naples, 29 juin 1799.

»HORACE NELSON.»