Nous copions.
Pendant ces heures solennelles qui s'écoulèrent entre le jugement et l'exécution de la sentence, Caracciolo fit deux fois appeler près de lui le lieutenant Parkenson et deux fois le pria d'aller intercéder pour lui près de Nelson.
La première, pour obtenir la révision de son jugement;
La seconde, pour qu'on lui fit la grâce d'être fusillé au lieu d'être pendu.
Et, en effet, Caracciolo s'attendait bien à la mort, mais à la mort par la hache ou par la fusillade.
Son titre de prince lui donnait droit à la mort de la noblesse; son titre d'amiral lui donnait droit à la mort du soldat.
Toutes deux lui échappaient pour faire place à la mort des assassins et des voleurs, à une mort infamante.
Non-seulement Nelson outre-passait ses pouvoirs en condamnant à mort son égal comme rang, son supérieur comme position sociale, mais encore il choisissait une mort qui devait, aux yeux de Caracciolo, doubler l'horreur du supplice.
Aussi, pour échapper à cette mort infâme, Caracciolo n'hésita-t-il point à descendre à la prière.
--Je suis un vieillard, monsieur, dit-il au lieutenant Parkenson; je ne laisse point de famille pour pleurer ma mort, et l'on ne supposera point qu'à mon âge, et isolé comme je suis, j'aie grand'peine à quitter la vie; mais la honte de mourir comme un pirate m'est insupportable, et, je l'avoue, me brise le coeur.