Caracciolo sourit en voyant les larmes du jeune homme, et, lui tendant la main:
--Je me suis adressé à vous, lui dit-il, parce que vous êtes le plus jeune officier, et qu'à votre âge, il est rare que l'on ait le coeur mauvais. Eh bien, un conseil: croyez-vous qu'en m'adressant à lady Hamilton, elle obtienne quelque chose pour moi de milord Nelson?
--Elle a une grande influence sur milord, dit le jeune homme; essayons.
--Eh bien, allez; suppliez-la. J'ai peut-être, dans un temps plus heureux, eu des torts envers elle; qu'elle les oublie, et, en commandant le feu que l'on dirigera contre moi, je la bénirai.
Parkenson sortit, alla sur le tillac, et, voyant qu'elle n'y était point, essaya de pénétrer chez elle; mais, malgré ses prières, la porte demeura fermée.
A cette réponse, Caracciolo vit qu'il lui fallait perdre tout espoir, et, ne voulant point abaisser plus bas sa dignité, il serra la main du jeune officier et résolut de ne plus prononcer une seule parole.
A une heure, deux matelots entrèrent chez lui, en même temps que le comte de Thurn lui annonçait qu'il fallait quitter le Foudroyant et passer à bord de la Minerve.
Caracciolo tendit les mains.
--C'est derrière et non pas devant que les mains doivent être liées, dit le comte de Thurn.
Caracciolo passa ses mains derrière lui.