On laissa un long bout pendant dont un matelot anglais tint l'extrémité. Sans doute craignait-on, si on lui laissait les mains libres, qu'il ne s'élançât à la mer et n'échappât au supplice par le suicide. Grâce à la corde et à la précaution prise d'en mettre l'extrémité aux mains d'un matelot, cette crainte ne pouvait se réaliser.

Ce fut donc lié et garrotté comme le dernier des criminels, que Caracciolo, un amiral, un prince, un des hommes les plus éminents de Naples, quitta le pont du Foudroyant, qu'il traversa tout entier entre deux haies de matelots.

Mais, quand l'outrage est poussé jusque là, il retombe sur celui qui le fait, et non pas sur celui qui le subit.

Deux barques, armées en guerre, accompagnaient à bâbord et à tribord la barque que montait Caracciolo.

On aborda à la Minerve. En revoyant de près ce beau bâtiment, sur lequel il avait régné et qui lui avait obéi avec tant de soumission pendant la traversée de Naples à Palerme, Caracciolo poussa un soupir et deux larmes perlèrent au coin de ses yeux.

Il monta par l'escalier de bâbord, c'est-à-dire par l'escalier des inférieurs.

Les officiers et les soldats étaient rangés sur le pont.

La cloche piquait une heure et demie.

Le chapelain attendait.

On demanda à Caracciolo s'il désirait employer le temps qui lui restait à une sainte conférence avec le prêtre.