C'était du Château-Neuf que le signal de la descente de San-Martino et de la sortie des châteaux devait être donné. Aussi, les officiers supérieurs au nombre desquels était Salvato, se tenaient-ils, la lunette en main, l'oeil fixé sur Portici.
On vit partir du Granatello une espèce de tourbillon de poussière au milieu duquel brillaient des jets de flamme.
C'était Schipani marchant sur la Favorite et sur Portici.
On vit les patriotes s'engouffrer dans la longue rue que nous avons décrite; puis on entendit gronder le canon; puis un nuage de fumée monta par-dessus les maisons.
Pendant deux heures, les détonations de l'artillerie se succédèrent, séparées par le seul intervalle nécessaire pour recharger les pièces; et la fumée, toujours plus épaisse, continua de monter au ciel; puis ce bruit s'éteignit, la fumée se dissipa peu à peu. On vit, sur les points où la route était découverte, un mouvement en sens inverse de celui que l'on avait vu il y avait trois heures.
C'était Schipani qui, avec ses trente ou quarante hommes, regagnait Castellamare.
Tout était fini.
Michele et Salvato s'obstinaient seuls à suivre, en parlant bas et en se le montrant l'un à l'autre, chaque fois qu'il reparaissait à la surface de l'eau, un point noir qui allait se rapprochant.
Quand ce point ne fut plus qu'à une demi-lieue, à peu près, il leur sembla voir, de temps en temps, sortir de l'eau une main qui leur faisait des signes.
Depuis longtemps, tous deux avaient, dans ce point noir, cru reconnaître la tête de Pagliucella. En voyant les signes qu'il faisait, une même idée les frappa tous deux: c'est qu'il appelait au secours.