Le bourreau avait ordre de tirer Battistessa de l'église, qui, pour servir les vengeances d'un roi, cessait d'avoir droit d'asile; puis, sur les marches, il devait, pour qu'il n'en revînt pas, cette fois, le poignarder à coups de couteau.
Non-seulement, le juge ordonnait le supplice; mais il l'inventait: un supplice à sa fantaisie, un supplice qui n'était pas dans la loi.
L'ordre fut exécuté à la lettre.
Et que l'on dise que la main des morts n'est pas plus puissante que celle des vivants pour renverser les trônes des rois qui ont envoyé au ciel de pareils martyrs!
Revenons à Naples.
Le désordre était si grand à Naples, que pas un des fugitifs échappé au massacre du château des Carmes n'avait eu l'idée d'aller prévenir le directoire que ce château était tombé au pouvoir des sanfédistes.
Le commandant du Château-Neuf, qui ignorait ce qui s'était passé pendant la nuit, tira donc, à sept heures du matin, comme la chose en était convenue, les trois coups de canon qui devaient servir de signal à Schipani.
On a vu le fâcheux résultat de son mouvement.
A peine les trois coups de canon étaient-ils tirés, que l'on vint annoncer aux commandants des châteaux et aux autres officiers supérieurs que le fort del Carmine était pris et que les canons, au lieu de continuer à être tournés vers le pont de la Madeleine, étaient retournés vers la strada Nuova et contre la place du Marché-Vieux, c'est-à-dire qu'ils menaçaient la ville au lieu de la défendre.
Il n'en fut pas moins décidé qu'au moment où l'on verrait Schipani et sa petite armée sortir de Portici, au risque de ce qui pourrait arriver, on marcherait, pour faire une diversion, sur le camp du cardinal Ruffo.