Le lendemain, au point du jour, c'est-à-dire le 15 au matin, les sanfédistes s'aperçurent que les avant-postes républicains étaient évacués et poussèrent devant eux des reconnaissances, timides d'abord, mais qui s'enhardirent peu à peu, car ils soupçonnaient quelque piége.

En effet, pendant la nuit, Salvato avait fait établir quatre batteries de canon:

L'une à l'angle du palais Chiatamone, qui battait toute la rue du même nom, dominée en même temps par le château de l'Oeuf;

L'autre, derrière un retranchement dressé à la hâte, entre la strada Nardonne et l'église Saint-Ferdinand;

La troisième, strada Medina;

Et la quatrième entre porto Piccolo, aujourd'hui la Douane, et l'Immacolatella.

Aussi, à peine les sanfédistes furent-ils arrivés à la hauteur de la strada Concezione, à peine apparurent-ils au bout de la rue Monte-Oliveto, et atteignirent-ils la strada Nuova, que la canonnade éclata à la fois sur ces trois points, et qu'il virent qu'ils s'étaient complétement trompés en croyant que les républicains leur avaient cédé la partie.

Ils se retirèrent donc hors de l'atteinte des projectiles, se réfugiant dans les rues transversales, où les boulets et la mitraille ne les pouvaient atteindre.

Mais les trois quarts de la ville ne leur appartenaient pas moins.

Donc, ils pouvaient tout à leur aise piller, incendier, brûler les maisons des patriotes, et tuer, égorger, rôtir et manger leurs propriétaires.