Les condamnés prirent par la calata Trinita-Maggiore, par la strada Trinita et par le vico Stoto; après quoi, la rue des Tribunaux les conduisit tout droit à la Vicaria.

Luisa, au contraire, redescendit la strada Monte-Oliveto, la strada Medina et rentra au Château-Neuf, où, en vertu d'une recommandation du prince François, apportée par un homme inconnu, elle fut enfermée dans une chambre particulière.

Nous n'essayerons pas de peindre la situation dans laquelle on la laissa: c'est à nos lecteurs de s'en faire une idée.

Quant aux condamnés, ils s'acheminaient, comme nous l'avons dit, vers la Vicaria, jusqu'à la porte de laquelle leur firent cortége ceux qui avaient assisté à la séance du jugement.

Il faut en excepter, cependant le chevalier San-Felice et le moine, qui s'étaient rapprochés l'un de l'autre, courant ensemble, au premier angle de la strada della Guercia, c'est-à-dire à l'angle du vico du même nom.

La porte de la Vicaria était constamment ouverte; elle recevait du tribunal les condamnés, les gardait douze, quatorze, quinze heures, puis les rejetait à l'échafaud.

La cour était pleine de soldats. Le soir, on étendait pour eux des matelas sous les arcades, et ils y couchaient, enveloppés dans leur capote ou dans leur manteau. D'ailleurs, on était aux jours les plus chauds de l'année.

Les condamnés rentrèrent vers deux heures du matin, et furent conduits directement en chapelle.

Ils étaient évidemment attendus: la chambre où se trouvait l'autel était éclairée avec des cierges; l'autre, avec une lampe suspendue au plafond.

A terre étaient six matelas.