Une escouade de geôliers attendaient dans cette chambre.
Les soldats s'arrêtèrent sur la porte, prêts à faire feu si, au moment où l'on ôterait les chaînes aux condamnés, quelque rébellion se manifestait parmi eux.
Ce n'était point à craindre. Arrivé à ce point, chacun d'eux se sentait non-seulement sous le regard curieux des contemporains, mais encore sous le regard impartial de la postérité, et nul n'était assez ennemi de sa renommée pour obscurcir, par quelque imprudente colère, la sérénité de sa mort.
Ils se laissèrent donc, avec la même tranquillité que s'il s'agissait d'autres qu'eux, détacher les chaînes qui leur liaient les mains et mettre aux pieds celles qui les scellaient au parquet.
L'anneau était assez près du lit et la chaîne assez longue pour que le condamné pût se coucher.
Levé, il ne pouvait pas s'écarter du lit de plus d'un pas.
En dix minutes, la double opération fut faite: les geôliers se retirèrent les premiers, les soldats ensuite.
Puis la porte, avec ses triples verrous et ses doubles barres, se referma sur eux.
--Mes amis, dit Cirillo, dès que le dernier grincement des portes fut éteint, laissez-moi, comme médecin, vous donner un conseil.
--Ah! pardieu! dit en riant le comte de Ruvo, il sera le bienvenu, attendu que je me sens bien malade; si malade, que je ne passerai pas trois heures de l'après-midi.