--Ma mère, vous lui direz que je lui en voulais de m'avoir abandonné, mais qu'à cette heure, où je sais qu'il n'y a pas de sa faute, je lui pardonne.

--Allons, dit le pénitent, il faut se quitter.

Michele se mit à genoux devant sa mère, qui lui posa les deux mains sur la tête et le bénit mentalement; car la pauvre femme, étouffée par les sanglots, ne pouvait plus proférer une seule parole.

Le pénitent prit la vieille femme par-dessous les bras et l'assit sur la pierre, où elle resta comme une masse inerte, la tête appuyée sur ses deux genoux.

--Marchons, dit Michele.

Et, de lui-même, il reprit son rang.

Le pauvre garçon n'était ni un esprit fort comme Ruvo, ni un philosophe comme Cirillo, ni un coeur de bronze comme Manthonnet, ni un poëte comme Pimentel: c'était un enfant du peuple, accessible à tous les sentiments et ne sachant ni les réprimer ni les cacher.

Il marchait la jambe ferme, la tête droite, mais les joues humides de larmes.

On suivit un instant la strada dei Tribunali; puis on prit à gauche le vico delle Lite; on traversa la rue Forcella, et l'on entra dans le vico Sant'Agostino-alla-Zecca.

Un homme se tenait à l'entrée de cette rue avec une charrette attelée de deux buffles.