Les soldats de l'escorte étaient venus en aide à Michele et étaient parvenus à le tirer des mains de ses anciens camarades, mais dans un déplorable état.

Les lazzaroni ont la main leste, et il avaient eu le temps d'allonger à Michele deux ou trois coups de couteau.

Il en résulta que, comme le pauvre diable ne pouvait plus marcher, on s'empara de la charrette qui barrait la rue pour lui faire faire le reste du chemin.

Quant à Salvato, on s'était bien aperçu de sa fuite, puisque cette fuite avait été hâtée par les coups de crosse de fusil donnés par les soldats dans la porte de l'église; mais cette porte était trop solide pour être enfoncée: il fallait faire le tour de l'église et même de la rue par la strada del Pendino. On le fit, mais cela dura un quart d'heure, et, quand on arriva à la sortie de l'église, Salvato était hors de Naples, et, par conséquent, hors de danger.

Aucun des autres condamnés n'avait fait le moindre mouvement pour fuir.

Salvato disparu, Michele couché dans sa charrette, le cortége funèbre reprit donc sa marche vers le lieu de l'exécution, c'est-à-dire vers la place du Vieux-Marché.

Mais, pour donner plus grande satisfaction au peuple, on lui fit faire un grand détour par la rue Francesca, de manière à le faire déboucher sur le quai.

Les lazzaroni avaient reconnu Éléonor Pimentel, et, en dansant aux deux côtés du cortége, qu'ils accompagnaient avec des huées et des gestes obscènes, ils chantaient:

La signora Dianora,

Che cantava neoppa lo triato,