Les soldats s'arrêtèrent, les otages sortirent des rangs.

Puis, comme il était dit dans la capitulation, les soldats déposèrent leurs armes; les officiers gardèrent leur épée, qu'ils remirent au fourreau.

Alors, le colonel Mejean s'avança vers le groupe des officiers alliés et dit:

--Messieurs, en vertu de l'article 6 de la capitulation, j'ai l'honneur de vous remettre les otages qui étaient enfermés dans le fort.

--Nous reconnaissons les avoir reçus, dit le duc della Salandra.

Puis, jetant les yeux sur le groupe qui s'avançait:

--Mais, dit-il, nous ne comptions que sur cinq, et il sont six.

--Le sixième n'est point un otage, dit Salvato; le sixième est un ennemi.

Puis, comme les regards des trois officiers étaient fixés sur lui, tandis que le colonel Mejean, ayant à son tour remis son épée au fourreau, allait reprendre son rang à la tête de la garnison:

--Je suis, continua le jeune homme d'une voix haute et fière, je suis Salvato Palmieri, sujet napolitain, mais général au service de la France.