Elle s'élève au centre de la prison. On y arrive en traversant trois ou quatre grilles de fer.
On monte deux gradins avant d'entrer dans la vraie chapelle, c'est-à-dire dans la chambre où est l'autel. Cette chambre prend sa lumière par une fenêtre basse percée au niveau du parquet et grillée d'un double barreau.
De cette chambre, on arrive, en descendant quatre ou cinq degrés, dans une autre.
C'est dans celle-là que les condamnés passaient les dernières vingt-quatre heures de la vie.
De gros anneaux de fer scellés dans le plancher indiquent la place où les condamnés, couchés sur des matelas, faisaient leur veille d'agonie. Leur chaîne correspondait à ces anneaux.
Sur l'une des faces de la muraille existait alors, et existe encore aujourd'hui, une grande fresque représentant Jésus en croix et Marie agenouillée à ses pieds.
Derrière cette chambre, et en communication avec elle, se trouve un petit cabinet qui a une entrée à part.
C'est dans ce petit cabinet, et par son entrée particulière, que sont introduits les pénitents blancs qui se chargent d'accompagner, d'encourager, de soutenir les condamnés au moment de leur mort.
Il y a dans cette confrérie, dont les membres s'appellent bianchi, des prêtres et des laïques. Les prêtres écoutent la confession, donnent l'absolution et le viatique, c'est-à-dire les derniers sacrements, moins l'extrême-onction.
L'extrême-onction étant réservée aux malades, et les condamnés n'étant point malades, mais destinés à périr par accident, ne peuvent recevoir l'extrême-onction, qui est le sacrement de l'agonie.