Entrés dans ce cabinet, où ils revêtent cette longue robe blanche qui leur a fait donner le nom de bianchi, les pénitents n'abandonnent plus le condamné que quand son corps est déposé dans la fosse.
Ils se tiennent près de lui pendant tout l'intervalle qui sépare la prison de l'échafaud. Sur l'échafaud, ils lui mettent la main sur l'épaule, afin de donner au patient tout le loisir de s'épancher en eux, et le bourreau ne peut le toucher que lorsqu'ils lèvent la main et disent:
--Cet homme vous appartient.
C'était vers cette dernière étape placée sur la route de la mort, que l'huissier de la Vicaria conduisait maître Donato.
Celui-ci entra à la Vicaria, prit l'escalier à gauche, qui conduisait à la prison, longea tout un corridor bordé de cachots, franchit deux grilles, monta un escalier, traversa une troisième grille et se trouva à la porte de la chapelle.
Il entra. La première pièce, c'est-à-dire celle de la chapelle, était vide. Il passa dans la seconde et vit le procureur fiscal qui faisait assurer la porte des bianchi, avec deux serrures et trois verrous.
Il se tint debout au bas de l'escalier, et attendit respectueusement que le procureur fiscal s'aperçût de sa présence et lui adressât la parole.
Au bout d'un instant, le procureur fiscal se retourna et découvrit celui qu'il avait envoyé chercher.
--Ah! c'est vous, maître Donato, lui dit-il.
--Prêt à exécuter vos ordres, Excellence, répondit l'exécuteur.