Le troisième, Giuseppe Lotella, était un pauvre traiteur établi près du théâtre des Florentins.

Le quatrième, Michelangelo Ciccone, est une ancienne connaissance à nous: on se rappelle, en effet, le prêtre patriote que Dominico Cirillo envoya chercher pour recevoir la confession du sbire. Il s'était, comme nous croyons l'avoir dit, rendu célèbre par sa prédication libérale au grand air. Il avait fait dresser des chaires près de tous les arbres de la liberté, et, un crucifix à la main, parlant au nom du premier martyr de cette liberté dont il devait être martyr à son tour, il racontait à la foule les ténébreuses horreurs du despotisme et les splendides triomphes de la liberté,--appuyant surtout ses prédications sur ce que le Christ et les apôtres avaient toujours professé la liberté et l'égalité.

Le cinquième, Nicola Carlomagno, avait été commissaire de la République. Monté sur l'échafaud, et tandis que l'on préparait la corde qui devait l'étrangler, il jeta un dernier regard sur la foule qui l'entourait, et, la voyant compacte et joyeuse:

--Peuple stupide! s'écria-t-il à haute voix, tu te réjouis aujourd'hui de ma mort; mais viendra un jour où tu la pleureras avec des larmes amères; car mon sang retombera sur vos têtes à tous, et, si vous avez le bonheur d'être morts, sur celles de vos enfants!

André Vitagliano, le sixième, était un beau et charmant jeune homme de vingt-huit ans, qu'il ne faut pas confondre avec cet autre martyr de la liberté qui mourut, quatre ans auparavant, sur le même échafaud qu'Emmanuele de Deo et Galiani.

En sortant de sa prison pour aller au supplice, il dit au geôlier en lui donnant le peu d'argent qu'il avait sur lui:

--Je te recommande mes compagnons: ce sont des hommes, et, comme, toi aussi, tu es un homme, peut-être, un jour, seras-tu aussi malheureux qu'ils le sont.

Et il marcha souriant au supplice, monta souriant sur l'échafaud, et mourut en souriant.

Le septième, Gaetano Rossi, était officier; mais, comme il fut exécuté dans l'intérieur du fort del Carmine, aucun détail n'a pu être recueilli sur sa mort.

Dans une seule bibliothèque, on pourrait trouver des détails curieux sur les morts ignorées: c'est dans les archives de la confrérie des bianchi, qui, ainsi que nous l'avons dit, accompagnent les condamnés à l'échafaud; mais cette confrérie, entièrement dévouée à la dynastie déchue, nous a refusé tout renseignement.