Horace prit la lettre, l'ouvrit vivement et lut ce qui suit:
«Vous êtes notre prisonnier, selon toutes les lois divines et humaines, et surtout selon la loi du plus fort.
»Nous pouvons à notre gré vous rendre votre prison dure ou agréable, nous pouvons vous faire porter dans un cachot ou vous laisser dans le boudoir où vous êtes.
»Choisissez.»
—Pardieu! s'écria Horace, mon choix est fait; allez dire à ces dames que je choisis le boudoir, et que, comme je présume que c'est à une condition quelconque qu'elles me laissent le choix, dites-leur que je les prie de me faire connaître cette condition.
Le domestique se retira sans prononcer une seule parole et, un instant après, rentra, une seconde lettre à la main: Horace la prit non moins avidement que la première et lut ce qui suit.
«Voici à quelles conditions on vous rendra votre prison agréable:
»Vous donnerez votre parole de n'essayer, d'ici à quinze jours, aucune tentative d'évasion;
»Vous donnerez votre parole de ne point essayer de voir, tant que vous serez ici, le visage des personnes qui vous retiennent prisonnier;
»Vous donnerez votre parole qu'une fois couché, vous éteindrez toutes les bougies et ne garderez aucune lumière cachée;