—Maintenant, motus.

Ça alla comme ça une heure. Au bout de ce temps, voyant mon frère inquiet:—Est-ce que tu te fatigues? que je lui dis.

—Non, ce n'est pas ça, mais c'est que je ne vois plus Giovanni.
C'était le frère de Philippe.

Je me retournai, je regardai de tous les côtés; peine perdue, il était allé rejoindre Jordano. Et ça, sans dire un mot, de peur de nous effrayer.

Voilà ce que c'est que les marins; pourtant je dis en moi-même un Ave Maria, moitié pour lui moitié pour moi, et je me mis à faire un peu de planche pour me reposer. Ça alla comme ça encore une heure; de temps en temps je regardais mon frère, il devenait de plus en plus pâle.

—Est-ce que tu es fatigué, Baptiste?

—Non, pas encore, mais nous ne sommes plus que huit.

—Une barque, cria le capitaine.

En effet, à l'extrémité du cap, nous voyions pointer une voile qui venait de notre coté; ça nous redonna des forces, et nous nous remîmes à nager bravement. Elle venait à nous, mais elle devait être encore plus d'une heure avant de nous voir et près de deux heures avant de nous rejoindre.

—Je n'irai jamais jusqu'à elle, dit Baptiste.