—Non, dit Pascal, sinon que je voudrais que mes quatre pauvres chiens fussent bien placés. Ce sont de bonnes et nobles bêtes qui rendront en services à leur maître bien au-delà du pain qu'ils lui mangeront.

—Je m'en charge, dit le capitaine.

—Eh bien! voilà tout, répondit Pascal. Ah! quant à ma chienne Lionna, je désire qu'elle reste avec moi jusqu'au moment de ma mort; c'est ma favorite.

—C'est convenu, répondit le capitaine.

—Voilà. Il n'y a plus rien que je sache, continua Pascal Bruno avec la plus grande tranquillité.—Maintenant marchons.

En montrant le chemin au capitaine, qui ne pouvait s'empêcher d'admirer ce froid et tranquille courage, il descendit le premier; le capitaine le suivit, et tous deux arrivèrent, au milieu du plus profond silence, au premier rang des miliciens.

—Me voilà, dit Pascal. Maintenant où allons-nous?

—A Messine, dirent les trois capitaines.

—A Messine, soit, reprit Bruno. Marchons donc.

Et il prit la route de Messine entre deux haies de miliciens, tenant le milieu de la route avec ses quatre chiens corses qui le suivaient la tête basse, et comme s'ils eussent deviné que leur maître était prisonnier.