—Eh! vieux! dit le capitaine.

—Présent, dit Nunzio eu se levant derrière sa cabine.

—Pour quelle heure le vent?

Nunzio se retourna, consulta jusqu'au plus petit nuage du ciel; puis se retournant de notre côté:

—Capitaine, dit-il, ce sera pour ce soir, entre huit et neuf heures, un instant après que le soleil sera couché.

—Ce sera entre huit et neuf heures, répéta le capitaine avec la même assurance que si c'eût été Matthieu Lænsberg ou Nostradamus qui lui eût adressé la réponse qu'il nous transmettait.

—Mais, en ce cas, demandai-je, au capitaine, ne pourrait-on sortir tout de suite? nous nous trouverions alors en pleine mer; et, pourvu que nous arrivions à gagner le Pizzo, c'est tout ce que je demande.

—Si vous le voulez absolument, répondit directement le pilote, on tâchera.

—Eh bien, tâchez-donc alors.

—Allons, allons, dit le capitaine: on part! Chacun à son poste. En un instant, et sans faire une seule observation, tout le monde fut à la besogne; l'ancre fut levée, et le bâtiment, tournant lentement son beaupré vers le cap Pelore, commença de se mouvoir sous l'effort de quatre avirons: quant aux voiles, il n'y fallait pas songer, pas un souffle de vent ne traversait.