Le général Nunziante se précipita vers la porte; il sentait lui-même qu'il allait éclater en sanglots. De l'autre côté du seuil, il y avait deux prêtres.
—Que veulent ces hommes? demanda Murat, croient-ils que j'ai besoin de leurs exhortations et que je ne saurai pas mourir?
—Ils demandent à entrer, sire, dit le général, donnant pour la première fois dans son trouble, au prisonnier, le titre réservé à la royauté.
—Qu'ils entrent, qu'ils entrent, dit Murat.
Les deux prêtres entrèrent: l'un d'eux se nommait Francesco Pellegrino, et était l'oncle de ce même Georges Pellegrino qui était cause de la mort de Murat; l'autre s'appelait don Antonio Masdea.
—Maintenant, messieurs, leur dit Murat en faisant un pas vers eux, que voulez-vous? dites vite; on me fusille dans trois quarts d'heure, et je n'ai pas de temps à perdre.
—Général, dit Pellegrino, nous venons vous demander si vous voulez mourir en chrétien?
—Je mourrai en soldat, dit Murat. Allez.
Pellegrino se retira à cette première rebuffade? mais don Antonio Masdea resta. C'était un beau vieillard à la figure respectable, à la démarche grave, aux manières simples. Murat eut d'abord un moment d'impatience en voyant, qu'il ne suivait pas son compagnon; mais, en remarquant l'air de profonde douleur empreinte dans toute sa physionomie, il se contint.
—Eh bien! mon père, lui dit-il, ne m'avez-vous point entendu?