—Vous ne m'avez pas reçu ainsi la première fois que je vous vis, sire; il est vrai qu'à cette époque vous étiez roi, et que je venais vous demander une grâce.

—Au fait, dit Murat, votre figure ne m'est pas inconnue: où vous ai-je donc vu? Aidez ma mémoire.

—Ici même, sire, lorsque vous passâtes au Pizzo en 1810; j'allai vous demander un secours pour achever notre église: je sollicitais 25,000 francs, vous m'en envoyâtes 40,000.

—C'est que je prévoyais que j'y serais enterré, répondit en souriant
Murat.

—Eh bien! sire, refuserez-vous à un vieillard la dernière grâce qu'il vous demande?

—Laquelle?

—Celle de mourir en chrétien.

—Vous voulez que je me confesse? eh bien! écoutez: Étant enfant, j'ai désobéi à mes parents qui ne voulaient pas que je me fisse soldat. Voilà la seule chose dont j'aie, à me repentir.

—Mais, sire, voulez-vous me donner une attestation que vous mourez dans la foi catholique?

—Oh! pour cela, sans difficulté, dit Murat; et allant s'asseoir à la table où il avait déjà écrit, il traça le billet suivant: