—Aux piques! aux piques!

Et un matelot cria:

—Vive Policar! à bas le capitaine Pamphile!

Le capitaine Pamphile pensa qu'il était temps de se montrer. Il se leva de table, passa une paire de pistolets à sa ceinture, alluma son brûle-gueule, ce qu'il ne faisait que dans les grandes tempêtes, prit une espèce de martinet d'honneur, confectionné avec un soin tout particulier, et duquel il ne se servait que dans les circonstances mémorables, et monta sur le pont. Il y avait émeute.

Le capitaine Pamphile s'avança au milieu de l'équipage, divisé par groupes, regardant à droite et à gauche pour voir s'il y aurait, parmi tous ces hommes, un insolent qui osât lui adresser la parole. Pour un étranger, le capitaine Pamphile aurait paru faire une ronde ordinaire; mais, pour l'équipage de la Roxelane, qui le connaissait de longue main, c'était tout autre chose. On savait que le capitaine Pamphile n'était jamais si près d'éclater que lorsqu'il ne disait pas une parole; et, pour le moment, il avait adopté un silence effrayant. Enfin, après avoir fait deux ou trois tours, il s'arrêta devant son lieutenant, qui paraissait, comme les autres, n'être pas étranger à la révolte.

—Policar, mon brave, demanda-t-il, pouvez-vous me dire à quoi est le vent?

—Mais, capitaine, dit Policar, le vent est à... Vous dites... le vent?

—Oui, le vent... à quoi est-il?

—Ma foi, je ne sais pas, dit Policar.

—Eh bien, je vais vous le dire, moi!