—Si fait, j'ai autre chose, dit la vieille se rapprochant d'un mouvement rapide, et fixant ses yeux avides sur la chaîne d'or qui soutenait, au cou du capitaine Pamphile, la montre que lui avait rendue le grand chef. J'ai... Mon fils a une bien belle chaîne!... J'ai de la chair de buffle salé et de bonne venaison. Je serais bien heureuse d'avoir une chaîne pareille.
—Eh bien, apportez votre buffle salé et votre pâté de daim, répondit le capitaine Pamphile évitant de répondre au désir de la vieille, ni par une promesse, ni par un refus; puis, si vous aviez, dans quelque coin, une bouteille d'eau-de-vie d'érable, elle ne serait pas déplacée, je crois, en si bonne compagnie.
La vieille s'éloigna, tournant de temps en temps la tête pour regarder encore le bijou qui lui faisait si visiblement envie; puis enfin, soulevant une natte de roseaux, elle passa dans une autre partie de la hutte. À peine eut-elle disparu, que le jeune Sioux releva vivement la tête.
—Mon frère sait-il où il est? dit-il à voix basse au capitaine.
—Ma foi, non, répondit celui-ci avec insouciance.
—Mon frère a-t-il quelque arme pour se défendre? continua-t-il en baissant encore la voix.
—Aucune, répondit le capitaine.
—En ce cas, que mon frère prenne ce couteau et ne s'endorme pas.
—Et toi? dit le capitaine Pamphile hésitant à accepter l'arme qu'on lui offrait.
—Moi, j'ai mon tomahawk. Silence!